Au cours d’une interview téléphonique qu’il a accordée ce jeudi à votre quotidien d’information kakoulimainfo.org, Pr Fodé Abass Cissé a brièvement expliqué les réactions et les problèmes liés à cette maladie (accident vasculaire cérébral )
Selon ce spécialiste, la Guinée est classée 171ème sur 189 pays au monde qui est frappé par cette maladie.
“Nous sommes vraiment frappés par l’AVC ; et, c’est d’ailleurs pourquoi on essaie de sensibiliser la population par rapport aux facteurs de risques. C’est plurifactoriel. Le premier, c’est l’inaccessibilité aux soins. Il faut savoir que la Guinée est classée 171ème sur 189 pays au monde. Donc, c’est un pays pauvre et à ressources limitées. Selon les statistiques, 40% des gens n’ont pas accès aux soins de santé primaires. Donc, quand les gens sont hypertendus, quand ils sont diabétiques, ils ne peuvent pas payer les médicaments tous les mois, ils n’adhèrent pas au traitement des maladies chroniques. Ce qui favorise le risque d’AVC. Le contexte social et la pauvreté aggravent le stress et le stress entraîne la survenue de ces AVC. Le style de vie, le mode de développement que nous avons aujourd’hui a une grande tendance à créer des bidonvilles qui sont très consommateurs et peu productifs. Donc, les gens bougent peu, on est assis parce qu’on a peur de courir dans la route, parce qu’il n’y a pas d’espace aménagé pour ça. Cela amène un AVC et enfin, il y a la qualité de l’alimentation. On a changé de style alimentaire. Avant, nos parents mangeaient du manioc tout frais, des pommes de terre, des patates, des aliments sains. Maintenant, nous mangeons du Ketchup, de la mayonnaise, nous allons tous dans les fast-foods, nous mangeons les kebabs. Et donc, ce style alimentaire nouveau que nous avons est un facteur de risque très important d’AVC. Donc, c’est un peu les raisons sociales, culturelles, alimentaires, c’est l’hygiène de vie, l’inaccessibilité aux soins. Tous ces facteurs mis ensemble avec les concentrations des populations dans la capitale, c’est tout cela qui favorise l’AVC contrairement aux autres pays.
Poursuivant, professeur Abass revient sur quelques symptômes de cette maladie
” Pour le public, il s’agit de déficit neurologique. C’est comme un déficit public. Donc, c’est la perte d’une fonction neurologique qui dure plus de 24 heures et qui est liée à un trouble de la circulation du sang au niveau du cerveau. Quand on dit déficit neurologique, c’est les fonctions neurologiques, la motricité, le fait de marcher, le fait de parler et de coordonner ses mouvements, le fait de voir ou le fait d’entendre ; donc, lorsqu’une de ces fonctions est perdue à cause d’un trouble de la circulation du sang au niveau du cerveau et que ça dure plus de 24 heures, alors on parle d’un accident vasculaire cérébral “, nous laisse entendre.
Pour éviter l’AVC, Pr Fodé Abass Cissé apporte quelques prévisions.
” Pour éviter les AVC repose sur la prévention. Le premier facteur de risque d’AVC, c’est l’hypertension artérielle. Il y a également le diabète, le cholestérol (quand on mange beaucoup gras, beaucoup d’huile, de beurre, de mayonnaise, ça favorise l’AVC). Après, il y a le tabac. Le tabagisme multiplie par 2 ou 3 le risque d’AVC. L’alcool augmente aussi le risque d’AVC. D’autres facteurs ont été trouvés en Afrique. C’est la qualité de l’alimentation. Les aliments qui sont pauvres en fibres. On ne mange pas de fruits, on ne mange pas de légumes. On mange à chaque fois le riz avec les grandes sauces. Il faut avoir un régime qui est très riche en fibres. L’obésité, le fait d’être gros n’aide pas », a t-il mentionné
Aboubacar Moussa Camara
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