Bamako, 10 août 2025, les autorités maliennes ont procédé à ľarrestations de militaires soupçonnés de vouloir renverser la junte. Selon plusieurs sources sécuritaires et politiques, plus d’une vingtaine de militaires auraient été interpellés, voir même une cinquantaine à en croire ďautres sources.
Parmi les personnes arrêtées figure le général Abass Dembélé, ancien gouverneur de Mopti, interpellé à Kati, fief militaire situé en périphérie de Bamako. Des proches affirment que les autorités n’ont fourni aucune explication officielle sur les raisons précises de sa détention.
Un climat de méfiance s installe au sein de l’armée. Ces interpellations visent, selon les autorités, des officiers soupçonnés de vouloir «déstabiliser les institutions ».
Toutefois, dans les rangs militaires, certains y voient plutôt une purge interne destinée à écarter des figures influentes susceptibles de contester le pouvoir du colonel Assimi Goïta.
Le sociologue Oumar Maïga souligne que cette vague d’arrestations traduit « un malaise profond » au sein de l’armée, aggravé par le sentiment que les mercenaires russes bénéficient de privilèges au détriment des soldats maliens.
Une junte fragilisée mais déterminée.
Au pouvoir depuis les coups d’État d’août 2020 et mai 2021, la junte militaire dirige le pays d’une main ferme. Les derniers mois ont été marqués par la dissolution des partis politiques, l’arrestation de figures de l’opposition – dont l’ancien Premier ministre Moussa Mara et une restriction accrue des libertés publiques.
Face aux pressions internationales, notamment de la CEDEAO et des partenaires occidentaux, les autorités maliennes maintiennent le cap sur une gouvernance militaire appuyée par des alliances stratégiques avec la Russie.
Des zones d’ombre persistantes
Aucune communication officielle détaillée n’a précisé les accusations portées contre les militaires arrêtés ni les suites judiciaires envisagées. Ce silence alimente les spéculations sur la nature réelle de cette affaire : coup d’État avorté ou simple prétexte pour neutraliser des voix dissidentes ?
Dans un contexte d’insécurité persistante et de tensions politiques, cette nouvelle crise interne au sein des forces armées pourrait fragiliser encore davantage la stabilité déjà précaire du Mali.
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